Accueil Anthology of American Folk Music Harry Smith : Introduction à l’anthologie de la folk Américaine

Harry Smith : Introduction à l’anthologie de la folk Américaine

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Harry Smith fût très certainement l’un des plus grands défricheurs de l’Art. Un des grands explorateurs des contrées de l’imaginaire. Un des artistes les plus importants du XXème siècle,
Harry Everett Smith était reconnu, au premier chef, en tant que cinéaste avant-gardiste. S’était un vrai cinglé qui peignait sur les pellicules et usait pour ses films de techniques de collages en stop motion qui lui permettaient de travailler image par image. Chaque film lui prenait des années de boulot!
Son œuvre est aujourd’hui considéré comme une référence par de nombreux cinéaste comme Terry Gilliam.
Voyez ce que ça donne avec ce long métrage d’animation qui date de 1957 en noir et blanc nommé « Heaven + Earth Magic ».
A propos de ce film André S. Labarthe dira : « Harry Smith est probablement le cinéaste le plus inconnu de la planète. Mais je ne connais personne qui soit resté indifférent devant Heaven and Earth Magic.
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Flashback

Harry est Né en 1923 d’une mère qui avait connu le magicien Aleister Crowley et d’un père alchimiste qui lui offrit une forge pour son douzième anniversaire qui devait lui permettre de transformer le plomb en or. Mais s’était sans doute encore trop banal pour Harry, alors très vite il s’inventa des vies, comme plus tard le fera Dylan. Il dira qu’il avait été enfanté par la princesse Anastasia, et qu’il avait découvert le monde, un jour de 1918, sur un navire de guerre russe au large de l’Alaska. Dans une autre version de lui même mais plus proche cette fois ci de ses implications dans les milieux de la magie, il dira qu’ il était le fils d’Aleister Crowley qui avait séduit sa mère sur une plage de Californie.

Quel besoin avait donc Harry smith de romancer une enfance qui était déjà tellement atypique?

Les parents de Smith étaient en effet des théosophes. La Théosophie est une religion « alternative », fondée aux États Unis à la fin du 19eme siècle par la Russe Helena Blavatsky qui affirmait qu’il existait une ancienne et secrète fraternité d’adeptes spirituels connus sous le nom de Maîtres. Blavatsky prétendait que ces Maîtres avaient cultivé une grande sagesse et des pouvoirs surnaturels. Ils étaient sensé travailler par l’intermédiaire de Blavatsky à faire revivre la connaissance d’une ancienne religion autrefois dominante et qui viendra, en son temps, à nouveau éclipser les religions mondiales existantes.

La mère de Harry , Mary Louise, originaire de Sioux City, en Iowa, avait beau avoir des croyances « atypiques » elle était aussi issue d’une longue lignée d’enseignants et elle-même a enseigné pendant un certain temps dans la réserve indienne de Lummi près de Bellingham. Smith déclarait qu’il s’était familiarisé avec les Indiens Lummi grâce au travail d’enseignement de sa mère et affirmait avoir participé à une initiation chamanique lors de son jeune âge. A 15 ans Harry Smith rédigea un dictionnaire des dialectes indiens de sa région. Il enregistra également des chansons et des rituels des Lummi en utilisant du matériel fait maison. Des photos prises pour un article dans un journal local témoignent de la réalité historique de ces évènements. A partir de cette époque il ne cessa de développer son intérêt pour les religions païennes, et les sciences occultes. il se serait rapproché, peut être par intermédiaire de sa mère, de Aleister Crowley . Crowley, fondateur de la religion thelema qui est une des branches originelle de ce que l’on définira plus tard comme étant le « satanisme ». La réputation sataniste de Harry Smith s’était également répandu par le fait qu’il fréquentait la Samuel Weiser Antiquarian Bookstore , une librairie d’occasion de New York qui s’était spécialisé dans les ouvrages sur la religion comparée , l’ hermétisme et l’ occultisme . Le magasin avait également une maison d’édition, Weiser Books, qui utilisait les dessins de Smith pour son édition de poche des Holy Books of Thelema d’Aleister Crowley .

Cette obsession pour les religions alternatives le conduisit bientôt à collecter une somme considérable d’objets sacrés ou religieux qui feront de lui un des plus grands expert des religions non conventionnelles au monde.
Mais sa passion des collections ne s’arrêta pas aux objets ésotériques. Harry Smith collectionna à peut près tout ce qu’un être humain pouvait collectionner, et il le faisait avec beaucoup de sérieux! Pour lui l’accumulation de tous ces objets avait pour but de trouver ce qui les reliaient et au final de comprendre ce qui était caché derrière le rideau de la réalité. Pour vous donner quelques exemples, il possédait une collection d’œufs de Pâques ukrainiens qui est aujourd’hui exposé dans un grand musée d’Europe centrale. Il avait également acheté des centaines de figurines à cordes, aujourd’hui exposé dans une galerie de Brooklyn. une autre de ses collections consistait à rassembler tout ce qui avait la forme d’un hamburger. Il reste aussi, à ce jour, le plus grand collectionneur d’avions en papier du monde! Bref le mec était dingue! Dingue au point de congeler son sperme pendant plusieurs années dans le but de trouver, en partant de cette « matière première », la formule alchimique de la vie éternelle.

Parallèlement à ses obsessions Harry Smith était également un passionné de musique folk, mais pas que de musique folk! À la fin de la guerre, Smith, âgé de 22 ans, déménagea dans la région de la baie de San Francisco, où se trouvait alors une scène jazz particulièrement bouillonnante . Smith était surtout attiré par le Bebop. et San Francisco regorgeait de boîtes de nuit et de clubs où Dizzy Gillespie et Charlie Parker pouvaient être entendus. À cette époque, il se lie d’amitié avec eux et peint plusieurs ambitieuses peintures abstraites inspirées du jazz (détruites depuis par Harry Smith lui même, comme la plus grande partie de son œuvre) ​. Il commença à réaliser des films d’ animation d’ avant-garde mettant en vedette des motifs qu’il peignait directement sur le film et qui étaient destinés à être montré en accompagnement de la musique Bebop. Quelque années plus tard il profita d’une dotation de la famille Guggenheim pour déménager à New York dans le but premier d’étudier la Kabbale et de rencontrer son maître : Thelonious Monk. Outre sa passion folle pour le jazz , il développa à partir du début des années 40 une collection de 78 tours dédié à la musique folk originelle des Etats Unis d’Amérique. A l’époque absolument personne, ou presque, ne s’intéressait à ces chansons. On trouvait les disques pour quelques dollars dans les vides greniers des villages.

Pour créer sa collection Harry Smith s’appuya sur un livre que lui avait offert sa mère.
« American songbag » a été publié en 1927 par le poète américain Carl Sandburg . Il s’agissait d’une collection littéraire de chansons folkloriques américaines . Comme la compilation ultérieure d’Harry, ces chansons ont traversé les siècles et les continents. Il s’appuya également sur le travail de la famille Lomax qui avait traversé les Etats Unis pour enregistrer, avec les moyens du bord, des centaines de musiciens dont les œuvres sont aujourd’hui conservées à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis sous le nom : Archive of American Folk songs

Grâce à ces boussoles et beaucoup d’abnégation Harry possédait bientôt une des plus grandes collection de vinyle du pays.. On parle là de dizaines de milliers de 78 tours!
Allen Ginsberg dira plus tard combien Harry Smith pouvait être dangereux lorsqu’un vendeur lui refusait une pièce pour sa future collection. Il pratiquait des séances vaudou durant lesquelles il promit milles châtiments au vendeur récalcitrant. La plupart du temps cela fonctionnait parfaitement, ce qui fit beaucoup pour agrandir sa réputation de magicien !

Toutes les obsessions de Harry avaient un prix et les subsides de la fondation Guggenheim ne tardèrent pas à s’épuiser.

Dès la fin de la guerre Harry avait besoin d’argent pour payer ses pièces de collections mais aussi et surtout ses grands projets cinématographique qui lui demandaient des années de travail minutieux. Ces difficultés ne firent que s’accentuer avec le temps. Il réussit à se faire accepter en tant que résident permanent du Chelsea Hôtel, ce qui lui évita, pour un temps, de finir SDF. N’imaginez pas pour autant qu’il s’agissait d’une chambre de luxe, non, Harry vivait dans une minuscule pièce remplie des déchets de l’hôtel, sans cuisine et sans salle de bain! Dans ce minuscule espace il stocka ses vastes collections. Du sol au plafond s’enchevêtraient des tours de cartons marrons et des piles de livres dont certains s’étaient effondrés en tas sur le sol. Il restait un petit espace pour un vieux lit rouillé où était posé en vrac ses vêtements et ses appareils photos. A côté du lit il y avait une toute petite table, mais pas n’importe quelle table! On devrait davantage parler d’ un autel ésotérique! L’autel de fortune était décoré de reliques immondes et d’objets aux pouvoirs macabres. il y avait là des fétiches et des totems faits de cheveux, d’os, de perles et de tissus. De tous les habitants inspirés, excentriques ou carrément fous de l’hôtel, aucun individu ne représentait mieux l’esprit du Chelsea Hôtel que Harry Smith! Harry avait beau vivre comme un clochard céleste, beaucoup de grands artistes de l’époque venaient discuter avec lui de poésie, de magie ou de vieille musique. On peut citer, entre autre, les poètes Gregory Corso et Allen Ginsberg, la collectionneuse d’art Isabella Gardner, le guitariste Mike Bloomfield ou Leonard Cohen.
En 1947, en proie à de nouvelles difficultés financières il rencontra le directeur du label Flokways pour lui proposer la vente de sa collection de 78 tours.
A ce stade il faut que je vous parle de Moses Ash et de son label !

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Cette bonne bouille c’est celle de Moses Ash, le fondateur du label Folkways record en 1948.
Ce label s’était donné pour objectif d’enregistrer des musiques traditionnelles du monde entier. Entre 1948 et 1986, date de la mort de Moses Ash, le label publia 2168 albums de musique traditionnelle et contemporaine qui provenaient de toute la planète. Le soutien que Moses Asch apporta à des auteurs-compositeurs-interprètes tels que Leadbelly et Woody Guthrie fit de son entreprise l’un des labels indépendants les plus influents de tous les temps. Quand Moses Asch disparut, le catalogue et les archives commerciales de Folkways Records furent cédés à la Smithsonian Institution où ils constituent l’une des plus importantes collections de musique traditionnelles de la planète. Moses Ash et Harry étaient du même monde, tous les deux ont passé leur vie à défendre un répertoire qui sans eux auraient certainement été complètement oublié. Ils étaient fait pour se rencontrer !

Plutôt que de racheter la collection de Harry, Moses proposa à Smith d’éditer sa collection sous la forme d’une anthologie. Il suggéra à Harry de sélectionner les plus belles pièces de sa collection et de les éditer dans la forme qui lui semblait la plus pertinente.
Harry Smith pris le projet très au sérieux! Il commença par choisir la période que devait couvrir le projet. Pour Smith la question fut rapidement tranchée . L’Anthologie devrait être entièrement composée d’enregistrements édités entre 1927 et 1932.

[b]1927 [/b]était la date qui marquait le début des enregistrements professionnels. Pour Harry smith cette période était absolument essentielle dans l’historie de la musique traditionnelle puisque les musiciens enregistraient sans réellement comprendre ce qui était en train de se produire. Avant de savoir ce qu’était un mixage et la façon dont celui ci pouvait influencer leur travail, les musiciens enregistraient leurs chansons naturellement, sans vouloir plaire à un auditoire de masse, cet auditoire qu’allait développer l’apparition des 78 tours. 1927 était donc la source pure à laquelle l’anthologie pouvait puiser les chansons les plus sincères et authentiques de la musique folklorique Américaine.
[b]1932[/b] était la fin du rêve. Harry smith estimait en effet qu’après 1932 la crise économique empêcha la classe ouvrière de continuer à acheter des disques Folk, en conséquence de quoi le genre s’est petit à petit éteint.
Une fois la période définie, Harry Smith prit un long temps de réflexion pour choisir les chansons.

Il analysa les disques à sa manière, c’est à dire de façon obsessionnelle. Il nota les phrases répétées d’une chanson à l’autre et la récurrence de certains thèmes selon les conditions historiques. Il compta par exemple combien de fois les mots « chemin de fer » étaient utilisés pendant la grande dépression et il fit ensuite la même opération en se penchant sur la période 39-45. Il rattacha également les paroles des chansons à la littérature classique et aux légendes millénaires afin de sélectionner les morceaux les plus représentatifs. Ce travail de fourmi lui permit de sélectionner un répertoire et de définir ensuite l’ordre des chansons.

La compilation a été divisée par Smith en trois volumes de deux albums: « Ballads », « Social Music » et « Songs »
Comme son titre l’indique, le volume « Ballads » se compose de ballades, dont de nombreuses versions américaines sont issues de la tradition folklorique Anglaise. Chaque chanson raconte une histoire sur un événement ou un moment spécifique. L’ordre des chansons est également très important pour Smith, certaines théories affirment que Smith voulait suggérer un récit historique dans ce premier volume. Cette supposition, jamais confirmé par Smith lui même, est cependant crédible puisque bon nombre des premières chansons de ce volume sont de vieilles ballades folkloriques anglaises, tandis que les dernières chansons traitent des difficultés d’être agriculteur dans les années 1920.
- Le premier album du volume « musique sociale » se compose en grande partie de musique probablement jouée lors de rassemblements sociaux ou de danses. Beaucoup de chansons sont instrumentales. Le deuxième album du volume est composé de chants religieux et spirituels.
- Le troisième volume, « Songs », comporte des chansons traitants de la vie quotidienne.

Smith édita et dirigea également la conception de l’anthologie. Il créa lui-même les notes , et celles ci sont presque aussi célèbres que la musique. Le livret , d’un aspect étrange était décoré, par Smith, de fac-similés des pochettes de disques, d’instruments de musique mystérieux datant du début du siècle et de la photographie. Smith intégrât également dans le livret des bouts de partitions, des titres de chansons écrits en caractères gras, des indications sur les dates d’enregistrements des œuvres ou encore des informatisations partielles sur les musiciens. Il ne précisera jamais par contre la couleur de peau des musiciens. Dans une Amérique profondément ségrégationniste où iil existait une musique destinée aux blancs et une autre pour la population noire, Smith avait pour objectif de proposer à tous les Américains une histoire commune, des chansons qui leurs rappellent qu’ils sont un seul et unique peuple ! Pour son livret Il créa aussi de faux titres de journaux et composait de petits poèmes de présentation pour les chansons..le tout était saupoudré de citations mystiques de Robert Fludd,Rudolph Steiner, Aleister Crowley ou RR Marrett. Ces références ésotériques reflétaient les penchants spirituels de Smitth et l’aspect magique qu’il retrouvait dans les chansons. Sur ces citations il précisera simplement « qu’elles ont été utiles à l’éditeur dans la préparation des notes pour ce manuel ».
Autre point, fondamental pour smith,  les pochettes!

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Chacun des trois ensembles de deux disques comportait la même pochette, une gravure de Theodore de Bry représentant un instrument que Smith appelait le « Monocorde céleste », tirée d’un traité mystique du scientifique / alchimiste Robert Fludd . Cette gravure fût imprimée sur un fond de couleur différente pour chaque volume: bleu, rouge et vert. chacune de ces couleurs était considérée par Smith comme correspondant à un élément classique alchimique : l’eau, le feu et l’air,
Cette histoire de Monocorde céleste remonte en fait à l’antiquité.
Le monocorde est un instrument à corde, très lointain ancêtre de la guitare, dont on retrouve une trace jusque dans la civilisation des sumériens mais il a surtout été utilisé à l’époque Grec. Pythagore s’en est servie pour comprendre les rapports entre la longueur d’une corde et le son émis par cette corde.
La musique tenait une place absolument essentielle dans la société grec. Presque aucune activité sociale ou humaine n’avait lieu sans un accompagnement musical. Ainsi On a estimé que plus d’un vase peint sur dix représentait une scène avec un instrument de musique, c’est une proportion énorme dont n’approche aucun autre thème iconographique. (Jacques Chailley, La Musique grecque antique, Belles Lettres, 1979)
Pour Platon , la musique influençait l’âme, en bien ou en mal. Comme il l’écrivit, « l’éducation musicale est souveraine parce que le rythme et l’harmonie ont le pouvoir de pénétrer l’âme et de la toucher fortement ». L’éducation musicale avait ainsi un rôle de premier plan en contribuant à la construction de la cité idéale que le philosophe expose dans « La République ». Mais cette éducation était très normative et s’accompagnait d’un contrôle, assorti de sanction si nécessaire, sur ce qui devait être enseigné. Ainsi, certains modes musicaux étaient proscrits à cause des valeurs négatives qu’ils véhiculaient.

Au passage, Harry Smith savait tout cela lorsqu’il a compilé les trois volumes de son Anthology Of American Folk Music en 1952, et le confirmera dans une interview . «Je sentais que des changements sociaux résulteraient de la sortie de ce disque, J’avais lu la république de Platon. Il discute de musique, comment il faut faire attention lorsqu’on change la musique parce que cela peut bouleverser ou détruire le gouvernement. »

Pour Harry Smith le projet avait donc un aspect politique évident, outre l’héritage grec, Harry smith faisait régulièrement allusion à l’histoire biblique des murs de Jericho quand la ville prétendument imprenable est tombée lorsque 7 prêtres ont joué de 7 trompettes pendant 7 jours au pieds des murs de la cité. Dans un registre plus historique et plus dramatique on sait aussi le rôle qu’a joué la musique de Wagner dans la propagande nazi. Nous verrons un peu plus loin comme le projet
d’Harry Smith de changer l’Amérique à réussi, sans doute au delà de toutes ses espérances.

En attendant revenons sur cette histoire de Monocorde céleste qui sert de couverture aux trois volumes de la collection. Lorsqu’on découvrit le rapport mathématique entre la longueur des cordes vibrantes et les notes de la gamme Platon y vit , comme beaucoup de grands penseurs de la Grèce ancienne, l’expression d’une loi naturelle rattachant le monde sensible au monde idéal des nombres..tout est mathématique!
Platon était le premier à faire allusion à cette idée qu’il existe une loi naturelle qui harmonise l’ensemble de l’univers et lorsque l’univers est en harmonie les sphères célestes produiraient une musique parfaite qui serait la preuve de cette harmonie. Cette idée restera prégnante jusqu’à la Renaissance,et sera reprise par le médecin et physicien mystique Robert Fludd

Qui était Robert Fludd? 

Pour le savoir il faut refaire un autre voyage dans le temps,
Robert Fludd est né en 1574 en Angleterre, en pleine renaissance Italienne.
Il faisait partie du mouvement humaniste de la Renaissance : ses connaissances portaient sur l’ensemble des sciences humaines. En matière de médecine, Fludd était un précurseur. On lui doit la description du premier baromètre et des découvertes sur la circulation du sang. Mais contrairement à beaucoup d’autres scientifiques Fludd avait également un aspect très mystique. il établie une distinction entre la partie physique mortelle et la partie animique immortelle de l’homme. Pour lui, l’âme était liée à Dieu, tandis que le corps physique restait une partie de la nature. Dans ses livres, Robert Fludd s’attachait aussi à présenter l’harmonie entre le macrocosme (le monde) et le microcosme (l’homme). Poursuivant une connaissance universelle, il s’intéressa aux correspondances harmoniques qui existent entre les planètes, les anges, les parties du corps humain et la musique. …jusqu’au fameux monocorde universel qui est l’instrument mythique accordé par Dieu lui même , qui, d’une seule note , permettrait à l’univers entier d’entrée en équilibre. C’est le dessin de ce monocorde qu’a repris Harry Smith, s’attachant ainsi à symboliser l’aspect magique que pouvait avoir ,sur l’auditeur, la pureté des musiques primitives contenu dans son anthologie. « Il y a dans ce disque des notes parfaites qui vous mettrons en harmonie avec votre passé, votre présent et votre futur ». Voilà, ni plus ni moins, la promesse d’Harry Everett Smith à tous ceux qui allaient acheter son anthologie.

Il y a donc de la magie dans cette anthologie, oui, c’est vrai, et pas que dans le choix de la pochette! Il y avait de la magie, aussi, dans les chansons sélectionnés par Harry! Comme nous allons le voir tout au long de notre voyage les chansons folk se réfèrent sans cesse aux esprits, aux anges et aux démons. Le surnaturel est là, juste à côté de nous, nous dit Harry Smith, et il conduit les peuples bien davantage que la connaissance ou la raison.

Pour Greil Marcus ce thème est devenu une obsession, il a écrit un livre sur le sujet.
Dans American Folk il dit que l’anthologie d’Harry Smith a fait réapparaître l’Amérique occulte, celle qui vivait, dans l’ombre, à côté de l’Amérique triomphante et moderne. Au fin fond de l’âme de ce pays, qui dominait alors le monde, il restait quelque chose du mythe originel. Dans ce monstre de puissance et de technologie il subsistait une part de magie, et c’est cette part d’irrationnel que Harry Smith a remis sur le devant de la scène. Il ne l’a pas ressuscité car elle n’avait jamais complètement disparue, il s’est contenté de la réveiller. Il a rappelé aux Américains qui ils sont vraiment, un peuple qui croit aux sorciers et aux explosions d’extases religieuses.

Greil Marcus avait raison sur tout, sauf sur un point!..La collection d’Harry Smith ne parlait pas que de l’Amérique. La plupart des chansons avaient en effet des racines Européenne et c’est, en vérité, toute l’histoire de l’occident que Harry Smith allait revisiter dans son anthologie!

Le disque sortira finalement en 1952 , soit cinq ans après que Harry smih et Moses Ash aient eu l’idée du projet! Cependant, les deux hommes ne disposaient pas de toutes les licences nécessaires afin d’officialiser l’anthologie. Techniquement, c’est donc sous la forme d’un bootleg de grande envergure que l’œuvre circula pendant 45 ans jusqu’à l’obtention de la totalité des licences, en 1997, à l’occasion de sa réédition par la maison Smithsonian Folkways.
A leur sortie les 6 disques ont été vendu pour 25 dollars. Cela peut sembler peu mais avec l’inflation cela représenterait environ 250 Euros aujourd’hui! La collection n’était donc pas destinée à une clientèle populaire. Harry Smith voulait faire découvrir ce répertoire à un public bourgeois qui avait oublié ses racines. Il voulait tendre un miroir à l’Amérique triomphante pour lui dire « regardes qui tu es vraiment ! ».

Pour que l’histoire s’écrive il faut un concours de circonstances.
Il en va de l’histoire de l’Art comme de l’histoire des Hommes : A un détail près tout aurait été différent.
Harry le savait. Il croyait à la magie et il croyait à son destin. Il était persuadé que son œuvre allait changer l’histoire et que ce disque ne serait pas un album de plus dans la grande collection de Folkways. Il avait ses entrées dans le royaume des esprits et ceux ci l’avaient guidés tout au long de la création de son anthologie. Il le disait à qui voulait bien l’entendre, mais qui pouvait croire à la parole d’un pauvre fou qui vivait au milieu des détritus dans une chambre d’hôtel  minable?

Greenwich village 

Visite d’un quartier au cœur de la contre-culture Américaine au milieu des années 50.
Au début, il y a le village, un quartier ouvrier où les ménages pauvres vivent une existence simple. Cette vie populaire est le terreau pour les sympathisants du parti communiste,
Dans les années 50, le quartier bouillonne d’activités culturelles. Les meilleurs théâtres sont dans cette partie de la ville. Mais ce qui fait la renommé du Village sont les Hootananny organisés dans les appartements. Les Hootananny sont des célébrations où n’importe quel artiste peut venir et diffuser son art au public. Bientôt des café folk ouvrent leurs portes pour sortir les Hootanny des murs des habitations et permettre aux artistes d’atteindre un plus large public.
En 1959, par exemple, un certain Manny Roth entend parler d’une vieille écurie à rénover sur MacDougal St. . Il achète le lieu qui devient le fameux Café Wha?
Dans son café , Roth fera venir des chanteurs dans la cave qu’il a spécialement aménagé pour les shows. Dylan viendra y jouer ses premiers concerts. Un certain Jimmy James (futur Jimmie Hendrix) y jouera avec son groupe The Blue Flames.    Un autre jeune inconnu y fera ses débuts en 1967. Plus tard on l’appellera Bruce Springsteen.
Un peu plus loin, sur Bleeker St. il y a le Bitter End. Ouvert en 1961 ou le fameux Gaslight café qui est devenu mythique pour avoir été l’endroit où pour la première fois Blowin in the wind a été joué devant un public.
Mais bientôt devant le nombre croissant d’artistes folk qui viennent de tout le pays pour tenter leur chance dans le village, les cafés folk ne suffisent plus à accueillir une scène devenu pléthorique !
la culture folk s’étend alors à l’extérieur et en particulier au  Washington Square Park. C’est un petit parc où les musiciens et joueurs d’échecs cohabitent. Bordé de pelouse et d’arbres, son centre est une place avec une fontaine faisant face à une grande arche. Les chanteurs folks viennent jouer pour la foule de curieux. Au début il y a plus de musicien que de spectateurs dans ce parc ! En effet ils viennent de tous le pays pour participer à ce mouvement culturel unique dans l’histoire des Etats Unis. Les plus connus sont Dave Van Ronk qui deviendra très vite avec Woody Guthrie le parrain du village, celui autour duquel on se retrouve, mais la liste est presque sans fin : Karen Dalton, Tim Hardin, Pete Seeger, Richie Havens, Pete La farge, Tom Paxton, Dino Vanlenti, Joan Baez, Josh White, Peter paul And Mary, Ramblin’ Jack Elliott, Phil Ochs Tom Rush, Billie Holliday ..Au delà de ces noms qui feront tous une grande carrière Greenwich village abritait des artistes folk de grande qualité, aujourd’hui malheureusement un peu oubliés. Je pense à  Michael Hurley , ou à Moondog un musicien extraordinaire. Très jeune il perd la vue suite à un accident causé par une dynamite. Cela ne l’empêche pas d’apprendre le piano et d’obtenir en 1943 une bourse qui lui permet d’aller étudier à New York où il passera les trente années suivantes de sa vie. Il assiste pendant un temps aux répétitions de l’Orchestre Philharmonique de New York, mais son style vestimentaire extravagant le coupe peu à peu du monde de la musique « sérieuse » . À l’époque, sa barbe et ses longs cheveux lui donnent une apparence christique qui tranche par trop avec le classicisme de la musique savante new yorkaise Il décide alors de ne plus porter que des vêtements qu’il fabrique lui-même, notamment une cape et un casque de viking inspiré par la mythologie nordique. Et il commence à jouer dans les rues du village, à partir du début des années 50, souvent à l’intersection de la 53e rue et de la 6e Avenue . Il lit des poèmes qu’il a composé et joue des instruments qu’il a lui même fabriqué comme la « trimba », des percussions triangulaires, ou le « oo », un instrument à cordes triangulaires. Il commence a enregistrer au milieu des années 50 en intégrant dans ses disques, outre ses instruments extravagants, le bruit de la ville ou de la nature. Il se dégage de ses enregistrements une ambiance tout à fait unique. Moondog établi sur ses albums, un trait d’union entre la musique tribale, très influencé par la culture amérindienne et l’ambiance des grandes métropoles ou alors à l’inverse des vieilles forêts dans lesquelles il allait régulièrement se retirer pour jouer sa musique. Greenwich village était sans doute le seul endroit au monde où un artiste aussi étrange que Moondog pouvait trouver sa place.

A la fin des années 50 le village est donc devenu le repère des marginaux et des artistes en tout genre. La plupart de ses musiciens ne sont pourtant pas des compositeurs et bientôt ils cherchent un répertoire à interpréter lors de leurs concerts.
Très vite L’anthologie D’Harry Smith devient la bible dans laquelle viennent puiser tous les folkeux du village. Dave Van Rock dira plus tard : «  au milieu des années 50, peu de choses sont à la disposition de l’amateur de musique folklorique.  les disques sont rares, les auteurs inconnus. Heureusement des ethnologues préservent ce patrimoine immatériel. Le disque qui eut l’influence la plus forte sur tous les artistes du village était celui d’Harry Smith. Nous connaissions tous chaque note, chaque mot de cette anthologie ». Ce disque est devenu une bible, un totem, un objet sacré dans lequel tout le monde allait chercher la lumière ! Il n’était bien sûr pas le seul. Le travail d’Alan Lomax eût lui aussi une influence fondamentale sur la scène folk new-yorkaise, mais l’anthologie avait l’avantage d’être un objet formel que l’on pouvait se passer de main en main. Très vite ces titres sont donc repris par de jeunes musiciens, relançant ainsi la circulation de thèmes anciens. Le décor est posé pour ce que Van Ronk appelle la « Grande Panique Folk  . Les Producteurs se pressent dans les café et les parcs pour signer les artistes, des disques sortent et permette à un public adolescent de découvrir des chansons ancestrales.
L’Amérique redécouvre son histoire, exactement comme l’avait prédit Harry Smith ! Bientôt les vieux bluesmen reviennent sous les feux de la rampe. La plupart d’entre eux avaient depuis longtemps raccrochés les gants et étaient retournés travaillés dans les champs ou les usines. Des festivals sont crées pour permettre à la nouvelle génération d’entendre, en live, ces vieux musiciens. Quelle expérience fantastique cela devait être que de pouvoir écouter des artistes comme Robert Pete Williams qui a connu un début de carrière prometteur dans les années 20, avant d’être emprisonné pour une sordide affaire de meurtre qui avait tout l’air d’être, en fait, de la légitime défense. C’est grâce au renouveau de la musique traditionnelle que l’ethnomusicologue Harry Oster se rendra à la prison de Louisiana State Penitentiary, et obtiendra sa libération conditionnelle pour le faire enregistrer sur le label de John Fahey. Cet enregistrement lui permettra de jouer, en 1964, au festival de Newport. Ensuite, Il continuera à jouer jusqu’à la fin des années 1970, en Europe, lors des American Folk Blues Festivals de 1966 et 1972 ou en France en 1979 lorsqu’il partage avec Dick Annegarn une scène ainsi que l’album Ferraillage.

Les exemples sont innombrables de musiciens noirs redécouvert par un public blanc à partir de la fin des années 50. Son House, Robert Pete Williams, Fred McDowel, Furry lewis, Belton Sutherland et tant d’autres..
le blues qui était jusqu’alors cantonné à un public noir est devenu une des musique de l’Amérique, de toute l’Amérique ! La porte est désormais ouverte pour des militants comme Martin Luther king. Son combat pour l’égalité devient universel. La scène folk New yorkaise s’engage à ses côtés, Bob Dylan vient chanter lors de la grande marche de Washington en 1963, l’histoire comme à chaque fois, après des siècles d’immobilité, change vite, très vite, et en partie grâce à la musique !
L’intuition de Harry smith, la même que celle de Platon se vérifie. La musique transforme les âmes et bouscule les gouvernements !
Au delà du combat pour les droits de l’Homme la musique folk influence l’opinion publique lors de la guerre du Vietnam dans laquelle l’Amérique rentre de plein pied à partir de 1964. Au début les Américains sont favorables à la guerre car ils s’imaginent que le conflit sera court. Si la longueur de la guerre et l’arrivée des téléviseurs dans toutes les familles américaines, à partir du milieu des années 60, va peu à peu faire basculer l’opinion, la musique a été , elle aussi, une des causes fondamentales de l’opposition des jeunes à ce conflit. On parle là bien entendu du mouvement Hippies qui trouve ses racines dans la folk music que le disque de Harry Everett Smith a participé à faire revivre à partir du milieu des années 50 en Amérique.

La musique fait l’histoire

La musique folk a été la première à dénoncer cette guerre, presque 5 ans avant que le mouvement Peace And Love ne gagne tout le pays. Parmi les morceaux les plus marquants de cette période on retrouve Masters Of War de Bob Dylan , Vietnam song de country Joe Mcdonal, et surtout les chansons de Phil Ochs, qui a été le premier a écrire un morceau sur ce conflit en 1962. Malheureusement ce titre n’a jamais été enregistré par Ochs mais il nous reste les paroles qui attestent de l’existence de la chanson. Il écrira beaucoup d’autres œuvres contre cette guerre dont talkin vietnam blues publié en 1964. Dans ses chansons il dénoncera aussi bien le gouvernement, qui envoie à la mort des soldats Américains innocents, que l’armée qui brûle des villages entiers à l’autre bout de la planète . Ce qui est impressionnant chez Ochs c’est qu’il livrera ce combat avant même que la guerre ne soit officiellement déclaré en 1964. En 1962, les médias ne faisaient alors que quelques brèves sur les 15000 soldats Américains qui étaient là bas pour former la soit disante armée de la république du Vietnam. Longtemps Ochs sera donc seul au front avant d’être rejoint par d’autres musiciens pourtant restés plus célèbre que lui pour leur engagement. On pense à Joan Baez, par exemple, qui s’est beaucoup investit dans la cause et sera même arrêté par la police et emprisonnée pour une dizaine de jours lorsqu’elle participera à une manifestation en 1967. D’autres artistes plus inattendus sont venus faire grandir les troupes. Loretta Lynn, par exemple, chanteuse folk/country , a pris position dès 1965, soit plusieurs années avant les hippies, contre le conflit du Vietnam en publiant la chanson Dear Uncle Sam. Elle sera bientôt rejoint par des chanteurs comme Willie Nelson qui la même année publie « jimmy’s road » ou Joe McDonald qui à travers la chanson « I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag eu un impact considérable sur l’opinion publique au moment de la sortie du disque en 1967.   IL est donc frappant de constater que les artistes des musiques anciennes ont été les premiers à se soulever contre le conflit. Bien avant les groupes de rock et les musiciens psychédéliques.

Au milieu des années 60, les musiques anciennes étaient bel et bien en train de changer l’Amérique, exactement comme Harry Smith l’avait prévue 15 ans plus tôt !
S’était son plus grand tour de magie, il avait fait ce que personne ne considérait comme possible. Il n’était bien sûr pas le seul à avoir fait renaitre la folk de ses cendres mais son apport a été absolument capital !
Lorsqu’en 1991 on lui remettra un Grammy pour son apport à la musique populaire Américaine harry smith dira la chose suivante : « Je suis heureux de pouvoir affirmer que mes rêves sont devenus réalité. J’ai vu l’Amérique changer à travers la musique! »

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Quelques semaines plus tard, le 27 novembre 1991 il mourut dans une chambre du Chelsea Hotel dans les bras d’une dulcinée à qui il chantait une sérénade. Il est mort en étant un de rares hommes au monde à pouvoir dire à la fin de sa vie « j’ai vécu sans rien céder de mes désirs »
C’est ainsi que ce termine l’histoire de Harry Smith, mais son anthologie, elle, est éternelle. Depuis sa parution en 1952 il y a eu de nombreuses rééditions avec des pochettes différentes (ce qui, maintenant que vous en connaissez l’histoire, est, vous en conviendrez, une absurdité!). Le label Smithsonian qui a hérité du catalogue de Moses Ash a également produit un 4eme volet de l’œuvre à partir des notes laissé par Harry Everett Smith. Ce volet est consacré aux « labour songs ». Enfin cette année, en 2020, l’anthologie a refait parler d’elle. Le label vient de sortir les face B de chaque chanson de l’anthologie en le traitant comme le négatif de l’œuvre originale. Trois chansons explicitement racistes ont été retiré du produit final provoquant une polémique outre atlantique comparable à celles que nous pouvons connaître en France sur le sujet du « révisionnisme » dans l’art.
70 ans après leur parution et presque un siècle après leur enregistrement ces chansons continuent donc de résonner avec l’actualité. Un tel prodige a peut être, comme le pensait Harry Smith, une cause surnaturelle. Peut être que ce disque est réellement magique ? Pour le savoir il faut plonger dans le cœur de chansons, comme Alice au pays des merveilles, pour se retrouver confrontée, comme elle, au paradoxe, à l’absurde et au bizarre…

 

Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Fludd

https://edutheque.philharmoniedeparis.fr/la-gamme-pythagoricienne.aspx

https://www.blogotheque.net/articles/enquete-sur-harry-smith

http://www.zoanima.fr/hommage-a-harry-smith/

https://www.lemonde.fr/archives/article/2003/02/26/harry-smith-cineaste-underground-mystique-et-hallucine_310836_1819218.htm

https://fr.qaz.wiki/wiki/Harry_Everett_Smith

https://www.nova-cinema.org/prog/2007/98-americain-prepare/harry-smith-american-magus/

https://medium.com/the-coil/the-diabolical-voodoo-experiments-of-harry-smith-folk-music-anthologist-ed-hamilton-d8c13900cc09

https://www.thewire.co.uk/about/artists/harry-smith/harry-smith_s-anthology-of-american-folk-music-volume4

http://www.desoreillesdansbabylone.com/2013/02/various-artists-anthology-of-american.html

https://section-26.fr/karen-dalton-la-vie-a-contretemps/

https://www.oystahmusic.com/greenwich-village-le-berceau-du-folk/#:~:text=Ouvert%20en%201961%2C%20il%20est,Village%20tra%C3%AEnaient%20aussi%20au%20Gaslight.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moondog

http://www.les-lettres-francaises.fr/2014/01/dave-van-ronk-lhonneur-de-la-folk/

https://www.youtube.com/watch?v=Mr4AxIR4hyw

https://www.rts.ch/play/radio/la-musique-fait-lhistoire/audio/la-musique-folk-contre-la-guerre-du-vietnam?id=408133

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